et violent, cru, dur, terrible, tellement douloureux !
C’était hier soir au Grand T à Nantes. Pendant presque 4 heures, beaucoup de fortes émotions. Tout ça pour heureusement arriver – difficilement – à l’espoir, à une promesse dont on pense que celle-là, elle sera tenue.
Tout est là semble-t-il dans ces histoires de promesses. Je triche un peu car je suis allée écouter avec beaucoup (trop) de gens dans une toute petite salle une “conférence” mercredi dernier Wajdi Mouawad qui rencontrait son public. Public acquis qui écoutait quasi religieusement les réponses, la parole du maître !
D’ailleurs pour lui la parole et les mots sont plein de sens, très signifiants, sont très importants (il a ainsi différencié le travail, du labeur et de l’ouvrage quand quelqu’un lui a demandé s’il avait des activités en dehors du théâtre. Ce qui l’a un peu énervé car en aucun cas, ce n’est pour lui une activité, c’est de l’ouvrage…) Bref.
Alors pourquoi a-t-il fallu qu’en plus des mots très explicites racontant certaines scènes très fortes et très crues, il ait eu besoin de les montrer ? Le message parlé était assez clair selon moi.
Autre chose, il nous fait prendre conscience aussi du fait qu’on choisit de voir ou d’entendre ce que l’on veut. On sélectionne. Il le démontre ainsi en nous faisant revivre un dialogue ou une scène qui a déjà eu lieu plus tôt dans le spectacle et qui lorsqu’on l’écoute ou la vit une seconde fois, comme on a eu des informations nouvelles, on la comprend différemment. Là encore, importance des mots qui sont perçus différemment. Peut-être pas clair ? Faites l’expérience en allant voir ses spectacles.
Et le bonheur, la légèreté, la joie là-dedans ? La solution est dans la promesse tenue !
Le bonheur est présent tout le temps car tellement absent. On le cherche, on l’ attend et on a envie d’espoir. Il existe par défaut. Et ça, c’est très dur à vivre pour moi en tant que spectatrice. On dirait que W.M cherche absolument le mal, la violence, il appuie où ça fait mal. C’est la base de son travail, il met en scène de façon formidable l’horreur, le pire de l’homme.
Il parle tout le temps de promesses et de tenir sa promesse. C’est important aussi pour lui. Pendant la majeure partie du spectacle, des promesses sont faites mais pas tenues et là, on en arriverait à manquer d’air.
Heureusement, non, une promesse est faite et elle sera tenue et c’est l’espoir qui revient, la vie.
“Je ne t’abandonnerai jamais” (sic) : dernières paroles du spectacle.
Je n’oublierai quant à moi jamais “Forêts” ! Expérience fascinante.
Juste un petit truc un peu pénible, c’est que la plupart des acteurs (félicitations à eux) sont québécois et parlent avec leur charmant accent. Problème, parfois ils parlent trop vite et on ne comprend pas tout.








